rencontre avec clément froissard - vie sauvage 2019

ancien membre du groupe à succès « concorde », depuis quelques temps, c’est en solo que le chanteur clément froissard a décidé de continuer son projet artistique. à l’occasion de la sortie de son nouvel ep « amour armure » très remarqué de par son élégance, il nous a ainsi présenté ce nouveau projet à l’occasion de vie sauvage 2019.

vous êtes un des anciens membres de concorde, pourquoi avoir changé de projet ?

le groupe a passé 10 ans à jouer ensemble, pendant ce laps de temps on est devenu des super potes, plus que ça, c'est la famille même. on avait beaucoup travaillé, voyagé ensemble et le moment où j'ai eu envie de changer un peu d'air est arrivé, je suis parti de paris pour aller m'installer à hossegor. au début on pensait pouvoir travailler à distance, mais ça s'est un petit peu essoufflé et j'avais des chansons qui trainaient, que j'avais envie de faire pour moi. après c'est une parenthèse enchantée, je pense qu'un jour sûrement on refera un truc.

le fait de chanter en français contre l'anglais jusqu'alors, cela change quelque chose ?

 c'est libérateur, vraiment. j'écrivais en anglais mais tu te rends compte qu'après la trentième chanson tu as l'impression d'avoir épuisé tout ton vocabulaire anglais. tout d'un coup le français ouvre des portes dans les nuances et pour l'interprétation c'est quelque chose de complètement différent. tu t’adresses vraiment aux gens. l'anglais ressemble plus à une carapace. quand on est jeune au début c'est bien d'y passer mais c'est un cheminement classique. je pense que le français vient avec la maturité.

vous sortez des morceaux de manière très espacée, jusqu'à la sortie de votre album. celui-ci était-il déjà prévu comme tel quand vous avez commencé ?

j'avais déjà tout, sauf que cela prend du temps. vu que je produis tout moi-même, j'ai mon label même si j'ai récemment signé avec warner chapel, ce qui a pas mal changé la donne. tout prend du temps, quand tu fais un clip au lieu de prendre trois semaines quand on a les sous de travailler avec une boîte de prod', moi en l'occurrence cela prenait plutôt trois mois. toutes les périodes de négociation avec le label font aussi que tu fais moins de musique à ce moment-là. tout prend du temps et je ne suis pas pressé, mais l'album sortira en 2020.

en parlant de vos clips, comment les imaginez-vous pour qu'ils fassent plus que compléter votre musique ?

je pense que ça marche ensemble. j'ai fait une fac de photo à saint-denis, c'est la seule de france. sinon ce sont des écoles comme les gobelins. Il y avait une option cinéma et j'ai toujours été passionné de tout ce qui était très cinématographique dont l'oeuvre de peter lindbergh et celle de jeff hall qui sont très inspirés par le cinéma. c'est une phase de ma vie, mais comme je suis en projet solo, j'ai pu revenir à ce que j'aime.

 

en fac de photographie, la musique faisait déjà partie de votre vie ?

oui, mais je ne savais pas où j'allais. j'avais 19 ans, j'étais à la fac, j'avais fait le conservatoire en flûte traversière et j'ai eu plein de groupes. c'est à la fac que j'ai rencontré Max de concorde et on a eu l'idée de faire de la musique ensemble. lui ne faisait pas d'instrument mais plutôt des beats type hip-hop. on a commencé le projet comme ça, sans arrêter.

votre façon de faire de la musique a-t-elle changé depuis que vous êtes en solo ?

je pense qu'il y a plus de boîte à rythmes, c'est un super outil. j'ai une petite boîte, une copie de la terra 808 allemande, la maman de toutes les boîtes à rythme. ce sont les sons que tu as dans le rap et beaucoup de musique actuelle et pas que, même chez kraftwerk, forcément. en fait c'est tout bête comme machine mais je suis hyper inspiré quand je trouve un beat qui sort un peu des patterns classiques. ça pousse un peu à faire des erreurs dans l'écriture et c'est intéressant.

je fais toujours les textes à la fin, sinon tu es très vite limité par les mots et le chant. je préfère faire en anglais, être vraiment libre puis essayer de retrouver la même musicalité en français. après je ne traduis pas, je change tout. en général en anglais c'est un yaourt, comme un mec qui fait du rap pour déconner, un get down quoi. l'anglais est très inspirant pour la mélodie, je ne peux pas m'en passer, c'est ce que je fais depuis toujours.

j'ai aussi gardé la flûte traversière dans l'album, on ne l'entend pas mais il y en a dans presque tous les morceaux. je fais des couches de flûte derrière mes synthés et ça apporte un truc de vraiment organique. tout le souffle apporte énormément. c'est quelque chose qui m'a marqué étant gamin, j'adore ces sons vaporeux, un peu nappeux, et elle est toujours un peu là, derrière.

comment gérez-vous cette flûte sur scène ? 

je m'en sers comme d'un synthé, je fais des accords avec. pour un accord de do, je fais do-mi-sol. ça donne quelque chose un peu dans le style de l'intro de strawberry fields forever des beatles, avec le mellotron qui sample une flûte. c'est un peu le même principe sauf que je le fais en vrai, un mellotron coûte 40 000 euros, donc bon...

en parlant de scène, nous allons jouer à trois ce soir, au lieu de quatre habituellement donc nous avons un poil retravaillé le répertoire pour qu'il colle à cette configuration.

le fait d'arriver sur la côte change votre vision d'artiste ?

le fait d'être loin de paris surtout. tu n'es plus dans la comparaison avec les autres. tu fais ton truc à toi. je pense que c'est vachement plus sain. c'étais pas vraiment une compétition, mais il y a forcément une forme de comparaison quand en soirée tu croises les autres groupes. il y a toujours celui qui vient de finir son album ou de signer dans un label. maintenant je fais ça pour moi.

etiez-vous déjà venu au festival vie sauvage ?

non, j'en avais seulement entendu parlé mais maintenant que j'ai les pieds dedans, je trouve cette dynamique formidabl tout le monde est content d'être là. on s'occupe très bien de nous. le catering est incroyable et bien sûr je trouve le cadre vraiment super.